L’AUTHENTICITÉ DE LA RELIQUE

Reportage France 3 "L'ombre d'un doute"
©Marianne Pollastro et Alexandre Rimond, Mairie d’Argenteuil

Il n’y a pas de preuve absolue que la Sainte Tunique d’Argenteuil soit bien le vêtement de la Passion du Christ. Mais les observations scientifiques menées sur l’objet réunissent des indices très concordants en faveur de son authenticité.

L’EXAMEN DE L’AUTHENTICITÉ
Le Moyen-Âge a été le théâtre de fabrication de fausses reliques. C’est pourquoi, à partir du XVIIème siècle, l’Église catholique a souhaité lever les doutes possibles quant à l’authenticité de la Sainte Tunique. Elle l’a fait tout d’abord en étudiant les textes, qui attestaient de la présence pluriséculaire du vêtement à Argenteuil.

À partir du XIXème siècle, plusieurs examens scientifiques de la Tunique ont été menés à l’initiative des autorités ecclésiastiques, grâce aux nouveaux moyens techniques disponibles. Ils ont démontré :

  • que la relique est en laine de mouton (1893) ;
  • qu’elle a été colorée selon des procédés en vigueur au Moyen-Orient au début de notre ère ;
  • qu’elle est bien tissée d’une pièce, sur un métier primitif (1882 & 1892) ;
  • qu’elle correspond au type de tissage identifié en Syrie et au Nord de la Palestine au premier siècle ;
  • qu’elle est tachée de sang (1892 & 1932) ;
  • que le sang figure dans le dos et sur les épaules, à l’endroit où aurait reposé la croix portée par le Christ lors de l’ascension au Calvaire (1932 & 1934) ;
  • que le sang présent sur la Tunique est du groupe AB (1986).

DOUTES AUTOUR DU CARBONE 14
En 2004, une datation au Carbone 14 a été effectuée : elle déclare que la Tunique aurait été tissée entre 530 et 640, et ne corrobore donc pas les résultats des examens scientifiques précédents. Cependant, il semble que la technique de datation au Carbone 14 manque de fiabilité pour les tissus anciens dont on connaît mal les états de conservation au cours des siècles. C’est le cas de la Tunique d’Argenteuil, qui a été longtemps enfouie et probablement mise au contact de matériaux organiques en décomposition au cours de son histoire tumultueuse. Il faudrait donc relativiser ces résultats.

ARGENTEUIL, TURIN, OVIEDO : MÊME GROUPE AB
Plus récemment, on a constaté la présence du même groupe sanguin AB sur les trois grandes reliques textiles de la Passion connues : la Tunique d’Argenteuil, le Linceul de Turin et le Suaire d’Oviedo (linge spécifique entourant la tête du défunt dans une sépulture juive antique). La probabilité d’observer ce groupe sanguin sur les trois linges s’établit à une chance sur 8000 ! De même, la comparaison des pollens présents sur les trois reliques est troublante : sept sont communs aux reliques de la Tunique d’Argenteuil, du Linceul de Turin et du Suaire d’Oviedo. Mieux encore, deux proviennent uniquement de Palestine : ceux d’un pistachier, Pistacia palaestina et d’un tamarin, Tamarix hampeana.

Ainsi, différents examens scientifiques menés sur la Tunique d’Argenteuil plaident pour qu’elle ait été portée par un homme soumis à de grandes souffrances, en Palestine, au 1er siècle de notre ère.

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