photo basilique saint-denys

LA BASILIQUE SAINT-DENYS A 150 ANS

La basilique Saint-Denys d’Argenteuil fête ses 150 ans en 2016. Construite de 1862 à 1865 par Théodore Ballu, architecte en chef des travaux de la ville de Paris, elle a été pensée dans un style néo-roman, et pour abriter la relique de la Sainte Tunique du Christ.

En 1854, la municipalité d’Argenteuil décide de construire la basilique Saint-Denys pour remplacer l’ancienne église paroissiale, héritée de l’ancienne abbaye Notre-Dame. Dès le VIIe siècle en effet, Argenteuil a été un lieu de vie monastique, qui a perduré jusqu’à la Révolution Française. Mais la restauration de la vieille église est trop complexe, et un nouvel édifice est donc projeté à l’emplacement de l’ancien cimetière, désaffecté depuis 1848.

Les travaux commencent en 1862, et sont confiés à Théodore Ballu (1817-1885), architecte en chef des travaux de la ville de Paris. Il choisit de travailler selon un style néo-roman, tout en dotant l’édifice d’arc-boutants. L’église mesure 76 mètres de long, et 20 mètres de large dans la nef. Un clocher-porche cumine à 57 mètres de hauteur, et abrite quatre cloches, dont la plus ancienne, baptisée « Marie », a été fondue en 1636 et pèse 3350 kg. Elle donne un si bémol, qui rythme toujours la vie des Argenteuillais.

L’église ayant été financée par la Mairie, la devise républicaine « Liberté, Egalité, Fraternité » est inscrite sur son fronton. En 1865, une partie du mobilier et des œuvres d’art de l’ancienne église est transféré vers la nouvelle, dont notamment le tableau réalisé en 1851 par Friedrich-August Bouterwek, représentant Charlemagne amenant la Sainte Tunique à Argenteuil. Un tableau plus ancien de Brenet, peint en 1762, représente le martyre de Saint Denis et ses compagnons, et donne son nom à la nouvelle église. Il est installé dans le croisillon Ouest du Transept. La vieille église d’Argenteuil, quant à elle, est démolie. Ses pierres serviront à bâtir des habitations.

Mais l’église nouvelle accueille surtout les deux reliquaires de la Sainte Tunique : le petit, qui abrite habituellement la relique dans la chapelle du croisillon Est du Transept, date de 1844. Le grand reliquaire vitrine, utilisé lors des ostensions exceptionnelles, est plus ancien : il a été réalisé en 1827, en bronze ciselé et doré, dans un style romano-byzantin qui s’inspire de l’église Notre-Dame-la-Grande à Poitiers.

Ouverte au culte dès 1865, la nouvelle église est consacrée le 22 avril 1866 par Monseigneur Mabille, évêque de Versailles. Le maître-autel en cuivre doré, incrusté de pierres fines, a été réalisé par l’orfèvre-bronzier Louis Bachelet. Le grand orgue l’est par Antoine Suret en 1867. La guerre franco-prussienne cause quelques dégâts à l’église en 1870 : Théodore Ballu en assure les restaurations. Il est à noter que cet architecte a signé plusieurs autres édifices connus à Paris, dont l’Hôtel de Ville, l’église de la Trinité, l’église Saint-Ambroise, ou encore le beffroi de l’église Saint-Germain l’Auxerrois.

En 1898, l’église paroissiale Saint-Denys d’Argenteuil reçoit le titre de basilique mineure. Entre 1950 et 1960, les vitraux d’origine, complètement détruits pendant la guerre, sont remplacés. Deux maîtres-verriers sont à l’œuvre, Max Ingrand et Jean Barillet.

 

Sources : Ville d’Argenteuil, service du patrimoine – Mémoire d’Argenteuil, collection « Pays et Terres de France », dir. Jacques Marseille, Larousse, 2001

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